L’Amour notre capital , le diadème des œuvres


La sainte pieuse Râbi’a Al-‘adawiyya (m 185 H), grande figure de l’Amour de Dieu ,a dit :  « Entre l’amant et le bien-aimé, il n’y a pas de distance, ni de parole, que par la force du désir, ni de description, que par le goût.  Qui a goûté, a connu. Et qui a décrit ne s’est pas décrit. En vérité, comment peux-tu décrire quelque chose, quand en sa présence tu es anéanti ?  En son existence, tu es dissout ? En sa contemplation, tu es défait ?  En sa pureté, tu es ivre » 

L’imâm Abî Hâmid Al-Ghazâlî (m 505 H) a dit :  « L’amour le plus indispensable, le plus élevé et le plus sublime est l’Amour de Celui pour qui les cœurs s’inclinent naturellement d’amour, que les créatures aspirent spontanément à adorer. Allah est adoré pour Lui même sous tous les rapports tandis qu’autrui n’est aimé qu’accessoirement par rapport à Son amour. En effet, Son amour est attesté par tous Ses livres révélés, par l’appel de tous Ses envoyés, par la disposition originelle et l’intelligence qu’Il a placé en Ses créatures, et par Ses Bienfaits en leur faveur. En fait, si les cœurs s’inclinent en général à aimer leur bienfaiteur, qu’en est-il de Celui qui est le Dispensateur suprême de toute faveur … Si les cœurs s’inclinent vers l’amour de toute chose belle qu’en est-il de Celui qui a créé la ‘ beauté ‘ ? » 

Les stations de l’Amour sont au nombre de onze stations de la ‘Alâqa jusqu’à la Khulla (station réservée à  deux êtres humains sidna Ibrahim (paix sur lui ) et le dernier Messager sidna Muhammad paix et salut sur lui).

Nous avons le plaisir, à travers le présent article, de vous présenter une de ces stations à travers un petit extrait de l’ouvrage :  « Mukâshafat Al-qulûb, al-muqarrib ilâ hadrati ‘allâmi al-ghuyûb »,  De l’éminent Imâm, savant et maître Abî Hâmid Al-Ghazâlî (m 505 H) :  Chapitre 10 : la spire d’amour (Al-‘Ishq)  (Traduction de l’équipe comprendre-l-islam.fr) 

« L’amour est le fait d’être attiré par une chose désirable, mais si cela devient une certitude et atteint une force, cela s’appelle la spire d’amour (‘Ishq). Celui qui aime devient le compagnon de son bien aimé et dépense pour lui ce qu’il possède. N’as-tu pas entendu parlé de Zoulîkhâ , elle avait atteint un tel degré d’amour pour Josèphe (que la paix soit sur lui) qu’elle a abandonné ses biens et sa beauté. Elle possédait de bijoux et de diamants la mesure de 70 chameaux.  Elle a ainsi tout dépensé pour l’amour de Josèphe, à chaque fois que quelqu’un lui disait qu’il a vu Josèphe, elle lui donnait un bijou (collier) qui le rendait suffisamment riche, jusqu’à ce qu’elle perdit tout bien !  Elle appelait toute chose du nom de Josèphe ! Elle a oublié toute chose en dehors de Josèphe, anéantit en lui par l’excès d’amour qu’elle avait pour lui, quand elle levait les yeux vers le ciel, elle voyait le nom de Josèphe inscrit sur les astres !  Mais lorsqu’elle cru en Dieu, elle épousa Josèphe, elle s’isola pour l’Adoration de Dieu, il lui demandait de partager sa couche le jour, elle le repoussait au soir et le soir, elle le repoussait pour le jour. Elle lui dit : O Josèphe je t’ai aimé lorsque je ne Le connaissais pas encore (en parlant de Dieu).Mais lorsque je L’ai connu, Son Amour (m’a envahi) ne m’a laissé rien pour autre que Lui ! Jusqu’à ce qu’un jour Josèphe lui dit : « Dieu te demande cela et Me dit qu’Il viendrait de toi deux enfants qui seront deux Prophètes »…Elle obtempéra ensuite… 

Le fou de Layla (Qays) fut interrogé : tu t’appelles comment ? Il répondit : Leyla. Un jour on lui dit : Leyla est morte ! Il répondit : Leyla est dans mon cœur ne meurt pas, je suis Leyla. Un jour il passa près de sa maison et regarda le ciel, on lui dit : regarde plutôt le mur de Leyla, peut-être la verras-tu ? Il dit alors : je me contente d’observer l’étoile qui recouvre par son ombre la maison de Leyla. 

Mansour Al-hallâj (paix à son âme) fut emprisonné 18 jours, le maître Shablî (que Dieu l’agrée) est venu le visiter et lui posa la question : « Qu’est ce que l’Amour ?», il répondit : « ne me pose pas cette question aujourd’hui mais demain. »  Le lendemain, on fit sortir Hallâj pour le tuer (crucifier), Shablî passa prés de lui et Hallâj donna sa réponse : O Shablî, l’Amour : son début est brûlure et sa fin est martyr. Hallâj a ainsi eu la certitude dans sa vision, il réalisa que tout est éphémère et illusion en dehors d’Allah. Sa parole emblématique « je suis la Vérité » était une expression de son anéantissement dans l’Amour jusqu’à oublier qui il était, la seule chose qu’il réalisait à ce moment est que Dieu est La seule Vérité… 

On rapporte que la sincérité de l’Amour se distingue par trois signes : « préférer la parole de Son bien aimé à toute autre parole, préférer s’assoir auprès de lui (être avec Lui) à être avec autre que lui, préférer sa satisfaction à la satisfaction de toute autre que Lui » Al-Muntahâ. 

On dit : la spire d’amour est déchirement des « voiles » et dévoilement des « secrets ». L’extase (Al-wajd) est l’incapacité de l’esprit à contenir les flux de la spire d’amour lorsqu’il est envahi par la douceur de l’invocation de Dieu (Dhikr) : combien même on lui aurait coupé un membre, il ne sentira rien ! 

On rapporte qu’un jeune homme se lavait dans l’Euphrate (rivière en Iraq) et entendit un homme réciter : « Ô injustes ! Tenez-vous à l’écart ce jour- là ! » Sourate Yasin, verset 59. Il se mit à cause de cela à s’agiter (par crainte de Dieu) jusqu’à ce qu’il ne noie et meurt ! 

On rapporte que l’éminent maître Dhu An-noun l’égyptien (paix à son âme) entra à la Mosquée Sacrée (à la Mecque) et vit un jeune homme qui gisait nu et malade, il gémissait tristement. Dhu An-nun raconte alors : « je l’ai salué et je lui demandai qui es tu ? » il répondit : « un étranger amoureux », j’ai compris ce qu’il me dit et je lui répondis : « je suis comme toi », le jeune homme commença à pleurer, et je pleurai à cause de ses pleures. Il me dit alors : et toi aussi tu pleures, je dis : je suis comme toi. L’homme pleura alors plus fort jusqu’à perdre son âme (il mourut). Je lui ai mis mon vêtement pour le couvrir et je suis parti chercher un linceul…Lorsque je revins, je ne trouvai personne, je dis alors « Gloire à Dieu » (Subhâna llâh). C’est ainsi qu’une voix (hâtif) (venu du ciel) dit :« O Dhu An-nnun, cet étranger a été demandé par Satan dans la vie d’ici bas, mais il ne le trouva pas, puis il fut demandé par Mâlik (gardien de l’Enfer) et ce dernier ne le trouva point non plus, puis il fut demandé par Ridwân (gardien du Paradis) mais ne le trouva point non plus ». Je dis alors il est où ?! La voix répondit : « dans un séjour de vérité, auprès d’un Souverain Omnipotent» Sourate la Lune, verset 55. Et ce grâce à Son Amour, son obéissance, ses actes pieux et son repentir imminent. Zahr Ar-riyâd. 

… 

Un jour, ‘îsâ (Jésus) (paix sur lui) passant devant un jeune homme ce dernier lui demanda de prier Dieu pour lui pour avoir un atome d’Amour de Dieu. Jésus lui répondit qu’il ne pourrait supporter un atome d’Amour de Dieu. Le jeune lui demande alors un demi-atome d’Amour de Dieu. Jésus (paix sur lui) pria alors et le jeune reçoit ce qu’il voulut.  Plus tard, Jésus repassa par le même endroit et demanda des nouvelles du jeune. On lui dit alors que ce jeune est devenu fou et qu’il partit dans les montagnes.  Jésus demanda à Dieu de lui montrer ce jeune. Il le vit alors le visage vers le ciel…  Jésus le salua, mais le jeune ne répondait pas…Allah révéla alors à Jésus:  « comment veux-tu qu’il te réponde alors qu’il a un demi atome d’Amour pour Moi…même si on le coupe avec une scie il ne se rendra même pas compte… » 

Celui qui prétend avoir ces trois choses sans s’être purifié de trois est un menteur :  •Celui qui prétend avoir reçu la saveur (douceur) de l’invocation de Dieu (Dhikr) tout en étant amoureux (attaché à ) (de) ce bas monde !  •Celui qui prétend avoir l’amour de la pureté de l’intention(Ikhlâs) dans l’acte mais qu’il aime l’éloge (et la vénération) des gens pour lui !  •Celui qui prétend aimer son Créateur sans s’anéantir (s’oublier lui-même) : se détacher de ses propres passions. 

Le Prophète (paix et salut sur lui) dit : « Il viendra un jour où les gens de ma communauté aimeront cinq choses et oublieront cinq : ils aimeront la vie d’ici bas et oublieront l’au-delà, ils aimeront l’argent (les biens) et oublieront le jugement, ils aimeront les créatures et oublieront le Créateur, ils aimeront les péchés et oublieront le repentir (Tawba) et ils aimeront les palais et oublieront le cimetière ».  …  Dieu nous dit dans le Coran : « le jour où ni les biens, ni les enfants ne seront d’aucune utilité, sauf celui qui vient à Dieu avec un cœur sain ». Sourate Les poètes, versets 88 et 89.  …  On raconte qu’il y avait un homme avare et hypocrite qui jura de divorcer de sa femme si elle donnait l’aumône, un jour un mendiant vint à sa porte et s’écria, o gens de cette maison, je vous demande par Dieu que vous me donniez quelque chose ! La femme lui donna alors trois pains. Le mendiant croisa l’homme hypocrite et ce dernier lui demanda : qui t’a donné ces pains ? Le mendiant lui indiqua la maison qu’il reconnu. De retour chez lui, il dit à sa femme : « n’ai-je pas juré que tu ne donneras point à personne ! » La femme répondit : « il a demandé par Dieu et je lui ai donné pour Dieu ». L’hypocrite mit le feu au four et vint retrouver sa femme : « debout femme et jettes- toi donc au feu pour Dieu ! ». La femme se leva et alla chercher ses bijoux. L’hypocrite s’exclame : « laisse les bijoux ». La femme répliqua : « Celui qui aime ne se fait pas t-il beau pour Son bien aimé, et moi je vais visiter mon Bien Aimé » et elle se jeta au feu. L’hypocrite referma le four et partit. Trois jours passèrent, l’hypocrite ouvra le four et trouva la femme saine et sauve par la Puissance d’Allah ! L’homme s’exclama et une voix lui dit alors : « Ne sais-tu pas que le Feu ne brule pas Nos bien-aimés ? » 

On raconte que Asiyya femme du Pharaon cachait sa foi au Pharaon, mais ce dernier appris la nouvelle, il la fit torturer les pires des tortures et lui demanda d’apostasier mais devant son refus il la crucifia…Pharaon lui demanda encore d’apostasier, mais Asiyya répondit : « tu peux avoir le dessus sur mon corps mais mon cœur est épargné par [la grâce] de mon Seigneur. Même si tu me découpes en petits morceaux, cela ne me fera qu’aimer mon Seigneur encore plus. » Moïse (que la paix soit sur lui) passa auprès d’elle, elle lui demanda : « Est-ce que mon Seigneur (Allah) est satisfait de moi ou en colère ». Moïse répondit : « O Asiyya, les Anges des cieux t’attendent avec impatience, et Allah fait ton éloge, demandes et tu seras exaucée » Elle dit alors : « ‘Seigneur, construis-moi auprès de Toi une maison dans le Paradis, et sauve-moi de Pharaon et de son œuvre; et sauve-moi des gens injustes’. »Sourate 66, verset 11.  Salmân (que Dieu l’agrée) rapporte que la femme du Pharaon était torturée aussi par le soleil et quand ses tortionnaires partaient, les anges la protégeaient par leurs ailes et elle voyait sa demeure au Paradis. 

Puisse Allah nous donner le repentir avant que la mort surprenne et l’éveil (lors de l’insouciance) par Sa miséricorde et Sa grâce, qu’Il fasse intercéder en notre faveur notre bien aimé Sidna Muhammad paix et salut sur lui.  Puisse Allah faire de nous : «Ceux qui écoutent la Parole [al-qawla] et qui suivent le meilleur d’elle, ceux-là sont ceux qu’Allah a guidé, ceux-là sont les doués d’intelligence » (Coran, Sourate Az-Zumar 39, verset 18) 


Source : comprendre-l-islam.fr

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